Jeudi 26 janvier, la Cour de Cassation a confirmé la décision de la cour d'appel de Caen : les indemnités de licenciements versées à 190 salariés de Moulinex étaient justifiées, les suppressions d'emploi de 2001 étant "sans cause réelle ni sérieuse".
"C'est une grande victoire, de quoi donner de l'espoir à toutes les victimes des fermetures brutales et des délocalisations !", estime Maguy Lalizel, d'Apic MX. "Par les prudhommes, on peut recréer du lien social, se coordonner...Nous pensons aujourd'hui aux salariées de Lejaby. En luttant collectivement, il est possible de gagner !"
La Cour de cassation doit se prononcer sur le dossier de 568 autres salariés de Moulinex le 8 février.
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Article paru dans Ouest France vendredi 27 janvier 2012
Ils contestaient les conditions de leur licenciement, fin 2001. Jeudi, la Cour de cassation a confirmé la décision de la cour d'appel de Caen, donnant gain de cause aux anciens salariés de Moulinex.
On a gagné ! On a gagné ! » Le refrain enfle dans la salle des fêtes de Mondeville. Sur l'estrade, syndicalistes et avocats laissent exploser leur joie. Hier jeudi, plus de 200 anciens salariés de Moulinex s'étaient donné rendez-vous, dans l'attente de la décision de la Cour de cassation à leur sujet. Ils viennent d'en prendre connaissance, par téléphone. Elle leur est favorable : le pourvoi des administrateurs judiciaires est rejeté.
Les salariés contestaient les conditions de leur licenciement fin 2001, après la chute du fleuron normand de l'électroménager. En appel, à Caen, ils avaient perçu en moyenne 18 000 € d'indemnités, pour licenciements « sans cause réelle et sérieuse ». Des sommes maintenant définitives.
« Soulagement »
La décision d'hier concerne 190 salariés. Ils travaillaient dans les usines de Bayeux, Falaise et Cormelles-le-Royal (près de Caen), fermées après le dépôt de bilan. L'arrêt concernant près de 600 autres dossiers est attendu le 8 février.
« C'est un soulagement. On a été reconnus », soufflent Maurice et Maryvonne, anciens de Cormelles. Une question « de principe», au-delà de l'argent des indemnités. En 2001, « on a été éjectés comme des malpropres, lâchés dans la nature. Cela a mis notre vie en l'air. »Maurice, 49 ans à l'époque, n'a pas retrouvé de travail : « Trop vieux. »
Ouvrière trente-huit ans à Cormelles, Saba glisse : « Cette fois, c'est débloqué. Je me sens très bien. » Mireille rebondit : « Cela leur fait voir qu'on n'est pas des petites choses, qu'on sait se défendre. » Michel, à son tour : « Depuis dix ans qu'on se bat... » Jacqueline et Sylvie pensent « à ceux qui sont partis ».
Présidente d'Apic-Mx, l'association des anciens salariés de Cormelles (600 adhérents), Maguy Lalizel résume : « Aujourd'hui, c'est une grande victoire du collectif. La solidarité n'est pas un vain mot. Je suis super heureuse pour les gens. Les personnes en galère vont pouvoir repartir du bon pied. » Coordinateur projets d'Apic-Mex, Jean-Louis Jutan parle d'une « une double victoire : juridique et du maintien du lien social ».
« Combat exemplaire »
Maguy Lalizel évoque un combat « exemplaire » : il « peut être demain celui d'autres salariés. Ce n'est pas parce qu'une boîte ferme qu'on doit rester au bord de la route ». L'Apic-Mx fait partie du Mouvement national des chômeurs et précaires.
« Très contente »également, Danielle Morvant (Sud industrie). Comme tous, elle espérait bien cette « bonne nouvelle », qui devrait faire « jurisprudence derrière » pour les dossiers en cours d'autres Moulinex.
Gilles Durand, leur avocat avec Coralie Loygue, a esquissé un geste de victoire quand sa collègue l'a appelé de Paris pour annoncer la décision. Tous deux se sont fortement investis dans le dossier. Debout, les salariés l'ont applaudi. « C'est une grande émotion. Indicible »,glisse-t-il.
Après la chute de Moulinex, fleuron normand de l'électroménager, 3 200 personnes avaient été licenciées. Une autre procédure judiciaire est en cours, au pénal.
Une collègue travaillant dans les services de la Direction Régionale de Pôle Emploi Midi Pyrénées a décidé hier matin de tenter de mettre fin à ses jours, dans son bureau, après avoir quitté une réunion de service. Une enquête accident du travail en lien avec les élus du CHSCT devra faire la lumière sur les causes de cet évènement.
Des agents de Pôle Emploi, refusant de participer à la véritable "chasse à l'étranger" qui leur est imposée dans le cadre de leur travail, ont décidé de soulever la question prioritaire de constitutionnalité fondée sur le caratère discriminatoire de certaines dispositions et la rupture du principe d'égalité qu'elles instaurent. Le tribunal administratif sera saisi le 22 mars à 14h30. Une conférence de presse est organisée à cette occasion.