Marc Desplats, vous êtes président du Mouvement national des chômeurs et précaire (MNCP) et secrétaire général de l’ABCDE (Association bas-rhinoise des chômeurs et demandeurs d’emploi). Qu’attendez-vous du sommet social, ce lundi à l’Élysée ?
L’urgence, c’est d’assurer un revenu décent pour tous. Il faut augmenter le niveau des minima sociaux, dont le montant maximal avoisine 450 euros, ce qui est inadmissible, Il faudrait les porter au moins au niveau du seuil de pauvreté (revenu mensuel inférieur à 60 % du revenu médian, soit 910 euros en 2007, selon l’Insee).
Assouplir les conditions des allocations
Il faudrait améliorer l’accès au RSA et à l’ASS en fixant des conditions moins rigoureuses. Nous avons, par ailleurs, envoyé un « carton rouge » à Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi, qui n’a pas prolongé au-delà de 2009 l’Allocation équivalent retraite (AER). Celle-ci est destinée aux sans-emploi qui ont travaillé et cotisé 40 ans, ont donc droit à leur retraite, mais n’ont pas encore 60 ans. Il faudrait en outre mener une politique d’emploi pour tous, ce qui n’est pas le cas.
C’est-à-dire ?
Trente mille emplois vont être supprimés dans la fonction publique, alors qu’il y a des besoins partout. On devrait plutôt supprimer les exonérations de charge sur les heures supplémentaires : les 167 millions d’heures supplémentaires, au dernier trimestre de l’an dernier, représentent 420 000 équivalents temps plein ! Et le coût du dispositif — 4 milliards d’euros — permettrait de financer 100 000 emplois.
Les associations de chômeurs ne sont pas considérées comme représentatives et ne sont donc pas invitées à discuter avec les partenaires sociaux. Alors, comment vous faire entendre ?
Nous pouvons toutefois représenter au Pole Emploi les usagers bénéficiaires du RSA, mais la plupart des départements, comme celui du Bas-Rhin, nous claquent la porte au nez. Pour trouver des représentants, ils tirent au sort parmi les personnes qui touchent le RSA !
Des actions régionales le 26 février
Nous nous rencontrons avec les autres organisations de chômeurs – l’APEIS, AC !, la CGT Chômeurs — et devrions mener ensemble des actions régionales, le 26 février. On compte ensuite sillonner la France avec une caravane pour encourager les chômeurs à s’organiser. Car la crise ne se traduit pas par une mobilisation importante, au contraire. Plus ça va mal, plus on a la trouille.
Une collègue travaillant dans les services de la Direction Régionale de Pôle Emploi Midi Pyrénées a décidé hier matin de tenter de mettre fin à ses jours, dans son bureau, après avoir quitté une réunion de service. Une enquête accident du travail en lien avec les élus du CHSCT devra faire la lumière sur les causes de cet évènement.
Des agents de Pôle Emploi, refusant de participer à la véritable "chasse à l'étranger" qui leur est imposée dans le cadre de leur travail, ont décidé de soulever la question prioritaire de constitutionnalité fondée sur le caratère discriminatoire de certaines dispositions et la rupture du principe d'égalité qu'elles instaurent. Le tribunal administratif sera saisi le 22 mars à 14h30. Une conférence de presse est organisée à cette occasion.