Mercredi, 25 Juillet 2012 08:41 Loi 1901 Brèves...
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loi 1901Les associations ne sont pas des acteurs à part, mais représentent un secteur économique à part entière. Et cette bataille pour l'emploi n’est pas celle de simples bouche-trous du traitement social du chômage. Les associations doivent avoir une vision pertinente de leur modèle économique et de leur fonction d’employeur. C'est bien tout l'enjeu des emplois d'avenir.

Les associations en chiffres

Aujourd'hui, on compte plus de 1,3 millions d'associations en France et 23 millions de Français qui adhérent à au moins une association, soit 46% de la population. Le secteur associatif toujours aussi dynamique compte 16 millions de bénévoles et 1,3 millions de salariés, soit 5% du volume de l'emploi privé et public. Avec un budget cumulé de l'ordre de 70 milliards, le secteur associatif contribue pour 3,5% au PIB de la France.

Que pèsent les associations en matière d'emploi ?
Les associations gèrent un lit d’hôpital sur dix et la moitié des crèches. Les associations, c’est un cinquième des enfants accueillis à l’école, au collège et au lycée, toutes les activités périscolaires, les classes de nature, une grande partie des centres de vacances. Les associations, c’est encore 250 000 clubs sportifs, des dizaines de milliers d’amicales, des milliers de théâtres, de musées, de salles de concert, des milliers de cinémas, de bibliothèques, des médiathèques, des MJC sur lesquels repose une grande part de l’animation socio-culturelle locale. Elles assurent enfin une part importante de la formation professionnelle et de la réinsertion des chômeurs. En détectant les besoins sociaux émergents et en défendant les causes les plus diverses (l’environnement, l’éducation à l’école), elles sont des agents actifs du changement des mentalités et de la société. Ces chiffres sont ceux de la FONDA (1).

L’expérience des emplois-jeune et des emplois-tremplin
En s’appuyant sur les enseignements des précédents dispositifs, la FONDA et ses partenaires ont souhaité contribuer à la réflexion sur le dispositif « emplois d’avenir » afin que celui-ci réponde aux besoins des jeunes, des associations et des territoires dans lesquels ils agissent. Ne pas reproduire les erreurs et conserver les effets positifs tel est l'objectif des emplois d'avenir.

Ainsi que le rappellent Viviane Tchernonog et Edith Archambault (2), "L’impact de l’activité des associations sur les personnes qui en sont membres ou bénéficiaires et sur les territoires où elles sont implantées n’est guère mesuré et, pour une part, non mesurable. Mais on peut rappeler que les associations, c’est la quasi-totalité des structures d’accueil et d’hébergement d’urgence, les trois quarts de l’hébergement médico-social privé, un réseau dense d’aide à domicile aux personnes âgées dépendantes".

L’association est un employeur comme un autre. 
La création d’un nouvel emploi, surtout s’il s’agit d’un premier poste au sein de l’association, n’est pas anodin pour les administrateurs et bénévoles de l’association, ni pour le futur salarié. L’embauche est la résultante d’un processus et relève de procédures qui constituent des garanties quant à la qualité de la fonction employeur et de l’emploi créé. Les employeurs, et les salariés, ont des droits et de devoirs qu’ils doivent maîtriser et monter en compétence.

A qui ces emplois d’avenir bénéficieront-ils ?
En tout état de cause, on peut imaginer une palette de type d’emploi d’avenir, à l’instar de ce qui a été fait dans plusieurs régions : emploi tremplin « d’insertion », emploi tremplin « projet associatif », et même, emploi-tremplin « créateur », pour des porteurs de projets d’utilité sociale sous réserve qu’ils soient accompagnés dans le montage et la pérennisation de leur activité.

En conclusion
Pour mériter leur nom, les emplois d’avenir ne doivent pas être un poumon artificiel branché entre le marché de l’emploi et les associations, mais s’intégrer à une démarche stratégique intégrant l’emploi associatif et les services d’intérêt général au développement économique et social des territoires.

En savoir plus
(1) La FONDA est une association reconnue d’utilité publique. Dès sa création, elle réunit des personnes autour d’un objet commun : valoriser et renforcer la contribution essentielle des associations à l’intérêt général et à la vitalité démocratique de notre pays. Le site de la FONDA

2) Viviane Tchernonog et Edith Archambault sont chercheurs au CNRS, spécialiste du secteur associatif. Elles ont publié de très nombreux ouvrages et enquêtes. 

A lire leur dernière enquête :   : Repères sur les associations en France

Article paru sur Loi 1901 le 24 juillet 2012

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